05/04/2010

FÊTES DE LA FAIM

Ma faim, Anne, Anne, Fuis sur ton âne. Si j'ai du goût, ce n'est guères Que pour la terre et les pierres Dinn! dinn! dinn! dinn! Mangeons l'air, Le roc, les terres, le fer, Charbons. Mes faims, tournez. Paissez, faims, Le pré des sons! Attirez le gai venin Des liserons; Mangez les cailloux qu'un pauvre brise, Les vieilles pierres d'églises, Les galets, fils des déluges, Pains couchés aux vallées grises! Des faims, c'est les bouts d'air noir; L'azur sonneur; —C'est l'estomac qui me tire, C'est le malheur. Sur terre ont paru les feuilles: Je vais aux chairs de fruit blettes, Au sein du sillon je cueille La doucette et la violette. Ma faim, Anne, Anne! Fuis sur ton âne. Arthur Rimbaud Août 1872. continua

04/04/2010

Mémoire

I L'eau claire; comme le sel des larmes d'enfance; L'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes; La soie, en foule et de lys pur des oriflammes Sous ...continua

04/04/2010

Jeune Ménage

La chambre est ouverte au ciel bleu turquin; Pas de place: des coffrets et des huches! Dehors le mur est plein d'aristoloches Où vibrent les gencives des lutins. Que ...continua

04/04/2010

Patience

Aux branches claires des tilleurs Meurt un maladif hallali. Mais des chansons spirituelles Voltigent partout les groseilles. Que notre sang rie en nos veines, Voici s'enchevêtrer les vignes. Le ciel est ...continua

04/04/2010

Les Corbeaux

Seigneur, quand froide est la prairie, Quand dans les hameaux abattus, Les longs angelus se sont tus Sur la nature défleurie, Faites s'abattre des grands cieux Les chers corbeaux délicieux. Armée ...continua

04/04/2010

Tete de Faune

Dans la feuillée, écrin vert taché d'or, Dans la feuillée incertaine et fleurie, D'énormes fleurs où l'âcre baiser dort Vif et devant l'exquise broderie, Le Faune affolé montre ses ...continua

03/04/2010

Le Cœur Volé

Mon pauvre cœur bave à la poupe, Mon cœur est plein de caporal; Ils lui lancent des jets de soupe, Mon triste cœur bave à la poupe. Sous les ...continua

03/04/2010

Les Poètes des Sept Ans

A M. P. Demeny. Et la Mère, fermant le livre du devoir, S'en allait satisfaite et très fière sans voir, Dans les yeux bleus et sous le front ...continua